La Légionellose ou la maladie du légionnaire

Pathologie

Il existe deux tableaux cliniques avec des symptômes initiaux communs : asthémie, fièvre élevée (40°C), myalgies et céphalées.

Légionellose

La légionellose se caractérise initialement par une toux non productive puis avec expectoration. Ensuite, une pneumopathie extensive grave se développe pouvant entraîner une insuffisance respiratoire. Le malade a des sensations de malaise, ainsi que des douleurs abdominales (nausées, vomissements), parfois accompagnées de troubles psychiques.

Le temps d’incubation est de 2 à 10 jours. La maladie peut durer plusieurs semaines. La létalité peut atteindre 40% chez les malades hospitalisés et plus chez les immunodéprimés. Deux complications sont souvent fatales : une insuffisance respiratoire irréversible et une insuffisance rénale aiguë.

Fièvre de Pontiac

Cette maladie a l’allure d’un symptôme grippal, toutefois sans pneumonie. Le temps d’incubation est de 5 heures à 3 jours. La guérison est habituellement spontanée en 1 à 5 jours.

Parmi les sérogroupes identifiés, 18 espèces ont déjà été à l’origine d’infections chez l’homme, et toutes les espèces doivent être considérées comme potentiellement pathogènes. Le sérogroupe 1 de Legionella Pneumophilia (Lpl) est le plus fréquemment observé en pathologie humaine (plus de 80% des cas), suivi du sérogroupe 6.

Les Légionelles virulentes se déposent dans les alvéoles pulmonaires, puis sont phagocytées par les cellules macrophages dans lesquelles elles se développent, provoquant alors des pneumonies. Les Légionelles sont résistantes à la pénicilline et à la céphalosporine. L’antibiotique efficace est l’érythromycine.

Si la maladie est bien soignée, on peut observer un début de rémission en 8 à 12 jours, puis la guérison, après 3 à 4 semaines de traitement adapté. Cependant, si la maladie est mal soignée, le décès peut survenir 6 à 8 jours après le 1er symptôme… voire plus rapidement si la personne est fragilisée. Si la maladie est soignée trop tard, les risques de séquelles sont très sérieux.

Epidémiologie

Frèquence

  • 0,5 à 5% des pneumopathies communautaires sont des Légionelloses
  • Selon les estimations 1 à 16% de la population adulte en bonne santé possède des anticorps contre Legionella Pneumophila sérogroupe 1
  • Nombre de cas de Legionellose en France déclarés annuellement : 1500 (nombre réel de cas estimé à 2000 ou 3000 par an)
  • Taux d’attaque (nombre de malades / nombre de personnes exposées) : 0,1 à 5% pour la maladie du légionnaire, 95% pour la fièvre de Pontiac.

Facteurs de risque

  • Age croissant
  • Sexe masculin (risque 2,5 fois supérieur au sexe féminin)
  • Tabagisme
  • Alcoolisme
  • Immunodépression
  • Cancer
  • Diabète
  • Corticothérapie
  • Affections respiratoires chroniques

Transmission

Les légionelles deviennent dangereuses pour l’homme lorsqu’elles sont dispersées en aérosols en concentration importante et inhalées (brouillard d’eau de douche, systèmes de climatisation, etc.). Une courte durée de contact suffit pour provoquer une infection, même chez des personnes en bonne santé.

Les faibles dimensions des Legionelles leur permettent de trouver un espace vital dans des gouttelettes d’aérosol de 3 à 5 µm.

Dernière mise à jour : 12-3-2018